jeudi 3 juillet 2014

Ukraine - un bon Donbass serait un Donbass désert

Natalia Starokozhko : « Donbass sera-t-il ukrainien ou désert ? »

Natalia Starokozhko, blogueur,
engagée dans la fourniture de l'aide humanitaire aux habitants du Donbass
Plus la confrontation dans le Donbass entre les partisans de la République populaire et Kiev officiel dure, plus il se dégage une idée simple. Le Donbass est utile sans sa population. On n’a tout simplement pas besoin des gens, on n’a besoin que du territoire. Le Donbass désert permet tranquillement d’exploiter jusqu’à l’épuisement des mines, de ne pas s'inquiéter des déchargements fumants à cause des chantiers, de ne pas être dérangé par la modernisation de l'industrie, et puis procéder à l'extraction du gaz de schiste. Et, bien entendu, de ne pas se soucier des retraités, des familles nombreuses et d’autres couches de la population socialement défavorisées. Moins il y a de population, plus il y a d'oxygène et moins de frais.

Ce n’est pas sans raison que l'ex-ministre de la Défense Anatoli Gritsenko, à l’antenne d’un célèbre talk-show, a exprimé cette pensée : celui qui n'est pas content du gouvernement et de la politique de Kiev, qu’il parte tout de suite en Russie. Apparemment, les slogans « Donbass, c’est l'Ukraine » et « Pays Uni », il faut les interpréter de nos jours comme le bon vieux « valise-gare ». La prochaine étape sera les expulsions forcées, et peut-être la stérilisation des dissidents.

Oui, et il ne restera plus tellement de gens à expulser. Pas d'insuline dans le Donbass. Le programme gouvernemental pour les enfants atteints d'arthrite juvénile, fermé. Les médicaments qui sont prescrits à toutes les victimes de l'ATO, impossible de les acheter dans les pharmacies... tout vise à réduire la population. Les plus forts survivront. Une triste illustration de l'évolution, n'est-ce pas ?

À Kramatorsk, Slaviansk et leurs environs, il n’y a pas d'électricité, pas d'eau, le troisième mois que les gens ne reçoivent plus des prestations sociales, parce que Kiev a coupé le financement de la région « pour des raisons de sécurité ». La question se pose : pour la sécurité de qui ? De vous-même ? De la colère du peuple qui reste dans la région de Donetsk, qui, sans eau ni nourriture, ne sera pas en mesure d’aller jusqu’à la capitale ?

L’armée ukrainienne a détruit avec ses blindés les terrains agricoles. Le gouvernement a laissé les élèves sortants sans diplômes. La vie de millions de personnes est détruite. Les élections présidentielles ont eu lieu sans tenir compte des votes des habitants de la région. Et cela ne dérange absolument personne. Le plus important que l’accord d’association soit signé. C'est exactement à cela que l'Europe du 21e siècle devrait ressembler. La catastrophe humanitaire, les défilés des homosexuels et la liberté d'expression sous l'œil vigilant des bourreaux.

Heureusement, tant qu'il y a encore des volontaires, les gens gardent un certain espoir. L’espoir pour la vie, que les enfants puissent partir sur des terres sures, et qu’une balle perdue ou un éclat ne les rattrape pas dans la cour. L’espoir pour l'injection en temps opportun, l'espoir pour les soins médicaux... Et nous allons travailler aussi longtemps que les gens auront besoin d'attention et de soins. Les temps sont venus quand nous ne pouvons plus rester une société indifférente et divisée. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons survivre.

Et il est temps pour Kiev et le nouveau gouvernement de rétablir la mémoire ou bien d’enlever la croix. Ou laisser partir le Donbass et de reconnaître son indépendance, ou remplir les fonctions de l'état dans son intégralité.

Traduction : GalCha

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